Le Maroc s’achemine vers un État policier par Paul ALLIES

Posté par abc10 le 31 mai 2020

Au Maroc, pendant le confinement, la répression continue
29 MAI 2020 – PAR PAUL ALLIÈS

Le Royaume Marocain se flatte d’être dans le peloton des pays qui aurait plutôt bien affronté la pandémie. Les intimidations policières ont prospéré durant le confinement. L’association de défense des journalistes persécutés et harcelés au Maroc: Justice et liberté, vient de publier le communiqué ci-après, suite à la récente campagne menée contre Maâti Monjib.

L’Universitaire et militant des droits de l’Homme Maâti Monjib est victime d’une campagne sans précédent de diffamation et de menaces de la part de « médias » proches des services marocains.
Ces attaques surviennent dans le contexte de l’arrestation de Souleiman Raissouni, journaliste et rédacteur en chef du journal Akhbar Al Yaoum, le 22 mai dernier. Cinq jours avant son arrestation, Chouf TV (un média en ligne dont la rédaction dépend directement de la police politique) a publié un article dans lequel il menaçait de “sacrifier” le journaliste à l’occasion de l’Aïd al-Fitr (fête du Ramadan) : Une “journée historique (…), nous verrons si tu vas pouvoir continuer tes acrobaties sur ta page [Facebook]”. Effectivement, le journaliste passera l’Aïd (le 24 mai) dans les bureaux de la police. Chouf TV était d’ailleurs présent pour filmer son arrestation humiliante.
Aujourd’hui, ce même média s’en prend à son tour à M. Monjib. Le 27 mai, Chouf TV a en effet publié un article semblable à celui qui menaçait Raissouni – portant la signature du même auteur (sans doute un pseudonyme) « promettant » à Monjib une vengeance qui aurait lieu le 31 mai matin. Monjib est particulièrement ciblé car il est membre du Comité de soutien à Raissouni, le journaliste qui vient d’être incarcéré. Ce dernier, connu pour ses éditoriaux critiques, avait su remplacer Taoufik Bouaâchrine, directeur de publication du journal Akhbar Al Yaoum lui-même en prison depuis 2018 (condamné sans preuves à 15 ans de prison pour « viol et traite d’êtres humains »). Le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU a considéré en janvier 2019 cette détention comme arbitraire et a demandé sa libération immédiate.
Avant Souleiman, une autre journaliste, du même quotidien Hajar Raissouni avait été incarcérée (2019) – elle et son fiancé (Rifaat Al-Amine) – pour « relation hors mariage et avortement illégal », avant d’être grâciée suite à une forte mobilisation nationale et internationale.
Les menaces et les intimidations à l’encontre de Maâti Monjib sont anciennes. Il est harcelé et diffamé depuis plusieurs années à cause de ses activités académiques et de ses articles critiques envers la police politique qui règne en maître au Maroc. Il est visé aussi pour son rôle dans la promotion du journalisme d’investigation. En effet, M. Monjib est membre fondateur de l’Association Marocaine pour le Journalisme d’Investigation (AMJI) fondée en 2011 – dont les activités sont aujourd’hui interdites [5 de ses membres sont poursuivis par la justice, un a été incarcéré pour une peine de 10 mois de prison et 3 sont en exil]. Monjib a subi depuis 2015 des convocations judiciaires interminables pour “atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat”. Il a déjà été convoqué pour un procès reporté 20 fois au tribunal de Rabat et ces convocations ne sont pas terminées. Le but est de faire pression sur Monjib pour qu’il cesse ses articles critiques. C’est une véritable épée de Damoclès au-dessus de sa tête et de celle de ses co-accusés. Monjib est aussi victime dans sa vie quotidienne de menaces physiques, de pressions sur sa famille, dans la rue, d’écoutes téléphoniques, et même d’une interdiction de quitter le territoire marocain en 2015 (interdiction levée après une grève de la faim de 24 jours qui a mis en péril sa vie)
Il semble aujourd’hui que le régime marocain envisage de franchir un nouveau pas dans la répression en profitant du confinement général sanitaire imposé par le Covid 19. En occupant l’actualité, cette pandémie laisse toute latitude pour durcir les pratiques autoritaires. Le but est d’enterrer l’un des derniers médias indépendants et de faire taire les dernières voix critiques comme celles de Maâti Monjib.
Nous appelons donc les autorités marocaines à agir pour faire cesser les menaces contre Monjib et empêcher toute atteinte à l’intégrité de sa personne. Nous appelons l’opinion publique nationale et internationale à se mobiliser pour dénoncer ces agissements, demander le respect des droits de M. Monjib et exiger la libération de S. Raissouni.

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